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Les Basics – créer son entreprise à l’étranger : l’envers du décor

Établir son entreprise à l’étranger est un défi de taille, mais le défi est d’autant plus grand quand on choisit un pays du tiers monde comme l’Indonésie. C’est exactement ce que Frédérique Lessard a fait. Elle a bâti de A à Z sa boutique Les.Basics. Le magasin se situe à Canggu (Bali) et se veut une destination où on trouve des vêtements simples, mais oh combien fashion. Fred a accepté de partager avec nous quels ont été ses plus grands défis depuis le début de son aventure à Bali, il y a maintenant presque 4 ans.

Pourquoi as-tu choisi Bali pour t’établir?

Bali est devenu ma maison depuis bientôt 4 ans et je n’ai jamais regretté d’avoir quitté Montréal. Mon cœur me disait de foncer, de quitter mon quotidien et d’essayer d’aller vivre autre chose que ce que je connaissais déjà. J’avais besoin de me découvrir, de grandir et de me prouver à moi-même que j’étais capable d’accomplir de grandes choses.

J’ai choisi Bali pour son mode de vie. Le soleil, les palmiers, la proximité de l’océan et tous les petits cafés et restaurants qui se trouvent à Canggu. Il y en a vraiment pour tous les goûts ici.

Avais-tu de l’expérience en mode?

Je n’avais aucune expérience ni études dans le domaine de la mode/production quand j’ai décidé de lancer Les Basics et ça c’était un défi de taille! En créant Les.Basics, je ne savais pas totalement dans quoi je m’embarquais (merci de la confiance et du soutien de mon copain, de ma famille et de ma belle famille). Ç’a été plus difficile que je ne l’avais imaginé ! Mais rien n’est impossible quand tu le veux vraiment. J’ai appris à travers le processus et j’apprends encore chaque jour.

Quel a été ton plus gros défi en créant Les Basics ?

Ouf! Il y en a eu plusieurs, haha. Le plus difficile a été de trouver des employés de confiance pour travailler dans la boutique ainsi que de trouver des couturiers fiables. Cela n’a pas été de tout repos… Mais j’ai maintenant des employés en or qui font partie de la famille et qui représentent super bien l’esprit de ce qu’est Les.Basics. En fait, Les.Basics c’est plus que des vêtements, c’est aussi une «famille» qui se respecte, qui s’entraide et qui profite de la vie au maximum. Des gens heureux et passionnés par la vie.

Au niveau de la gestion de la production, j’ai aussi eu plusieurs défis.  On travaille avec des couturiers à leur compte et non des usines. Il y a donc 6 compagnies impliquées dans le processus de fabrication d’un seul chandail : le magasin de tissu, la «laundry» pour le lavage des tissus, les couturiers pour la confection et les échantillons, l’imprimeur, ainsi que le fournisseur d’étiquettes qui sont aussi faite indépendamment.

Il y a beaucoup de gestion, de manœuvres et d’énergie pour mettre un t-shirt en magasin, mais surtout beaucoup d’amour dans ce processus.

Et la barrière du langage dans tout ça?

Effectivement, j’ai dû suivre des cours d’indonésien, car les couturiers ici ne parlent pas un mot d’anglais (oups, petit détail!). Vous pouvez vous imaginer à quel point la communication entre nous était difficile au début, mais étrangement notre relation est très simple et vraie. Google translate m’a aussi sauvé plusieurs fois!

À ce jour, je ne parle pas parfaitement l’indonésien, mais je peux me débrouiller et communiquer avec eux assez bien. C’était important pour moi d’apprendre leur langue pour me rapprocher d’eux et mieux comprendre leur réalité.

En quoi consiste une journée de travail typique pour toi à Bali ?

Je n’ai aucune journée qui se ressemble haha. Il y a TOUJOURS un imprévu.
Une journée en général consiste à organiser toutes les tâches de mes employés qui gèrent la production avec moi et de m’assurer que tout va bon train. Il faut aussi s’assurer que le magasin est sous contrôle et ne manque pas de vêtements. Ces dernières semaines, j’ai travaillé presque à plein temps sur la boutique en ligne. Tout est produit en Indonésie puis envoyé au Canada où le site internet est basé pour l’envoi des colis. Puis le soir, on se cuisine un souper et on regarde le coucher de soleil au bord de l’eau.

Combien de jours et d’heures par semaine travailles-tu?

Jour et nuit (haha). Non mais presque, je dirais que je dédie 40 à 50 heures par semaine à la boutique. Je ne compte pas mes heures, car j’aime ce que je fais. Quand tu fondes ta propre business et que tu es ton propre patron, il n’y a plus de limite entre travail et vie personnelle (pour moi du moins). J’essaie tout de même de décrocher en me gardant une journée de congé par semaine. Étant seule à gérer le tout, il manque parfois d’heures dans mes journées pour accomplir tout ce que j’aimerais. Éventuellement, mon idéal serait de réduire mon nombre d’heures de travail pour voyager et profiter davantage de la vie, mais avant je souhaite voir grandir mon entreprise à son maximum.

As-tu une anecdote par rapport aux étapes de création des Basics à nous raconter ?

Oh que oui. Il s’agit de ma toute première production. À ce moment-là,  je ne savais pas encore qu’il était important de laver préalablement le tissu avant de le coudre… Mon copain et moi regardions un film en buvant du vin rouge, Alex portait mon tout nouveau t-shirt blanc et a échappé son verre sur lui. On a couru laver le chandail et en le submergeant dans l’eau, le t-shirt XL est devenu un small en quelques secondes. Je ne savais pas trop si je devais rire ou pleurer. C’est à ce moment que j’ai compris que la rayonne est une fibre ultra absorbante et qu’il vaut mieux la prélaver avant de la travailler.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut fonder sa boutique à l’étranger ?

De faire BEAUCOUP de recherches sur les lois, les permis, la réglementation avant d’investir de l’argent, du temps et de l’énergie. Il est très important de comprendre ce que ça implique de créer une entreprise dans un pays étranger: avoir un bon plan d’affaires, faire une étude de marché et trouver une certaine niche pour apporter quelque chose de différent et d’innover là où on veut implanter notre projet.

Le plus important est probablement de croire en soi et de ne pas abandonner malgré les embûches. Croyez-moi, vous survivrez. Rien n’est permanent et tout passe, comme les pires journées de ta vie qui sont derrière toi à ce jour.

Qu’aimerais-tu pouvoir dire à ceux qui t’envient beaucoup à la maison ?

Que rien n’est impossible, que je ne suis pas plus spéciale qu’une autre. J’ai simplement décidé de «quitter» ma zone de confort et d’oser. J’ai écouté ma voix intérieure et comme je dis souvent, je n’ai jamais été déçue.  J’aimerais aussi mentionner que rien ne tombe du ciel pour personne. De nos jours, on a parfois une fausse interprétation de la vie des autres par les réseaux sociaux et non le gazon n’est pas plus vert chez le voisin. Ça n’existe pas une vie en rose où tout est beau et merveilleux. Chacun a ses difficultés et c’est dans la façon de faire face à tes problèmes que le résultat change au final !

Il n’y a pas de recette magique, il faut (avoir un semblant) de plan et foncer. On apprend de toutes expériences qu’elles soient bonnes ou mauvaises, c’est ce qui nous fait grandir.

En espérant que ça vous inspire à vivre à fond et à ne pas avoir de regrets.
Quétaine mais vrai, on a qu’une seule vie : make it count.

Fred X

Pour jetez un oeil à la toute nouvelle boutique en ligne, visitez Lesbasics.store.

 

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