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Minimalisme et voyage – En route vers la dépossession

Pierre Babin, minimaliste, photographe et voyageur à plein temps depuis les deux dernières années nous raconte comment le minimalisme a changé son mode de vie et sa vision des choses.

 


-La photographie –

Tout a commencé en 2013, au moment où mon intérêt pour la photographie s’est déclaré. Cette passion m’a tout simplement ouvert les yeux sur le monde. J’ai appris à observer avec patience chaque détail qui m’entoure, à porter mon intérêt sur les choses anodines de la vie courante et à laisser mes émotions être guidées par l’essence de la vie : la lumière. C’est une sorte de nouvel état de conscience qui s’est alors manifesté et j’ai réalisé que les choses les plus banales pouvaient suffire à mon bonheur.

 

A l’époque, j’étais encore un designer graphique en devenir. Autrement dit, je passais la majorité de mon temps chez moi ou à l’école, cloîtré devant mon ordinateur. Malgré tout l’amour que je portais à mes études, la photographie était devenu un moyen de couper les ponts avec mon écran, de m’évader de la technologie en me reconnectant à l’essentiel. En contre-partie, les réseaux sociaux – et particulièrement Instagram – ont fortement contribué à mon évolution en tant que photographe. J’y ai rencontré des gens talentueux, dont certains sont devenus des amis, des gens qui, comme moi, partagent cette vision de la simplicité, de l’observation, et finalement de l’aventure.

 

De cette sensibilité pour la découverte est alors né un désir irrépressible de l’inconnu. Bien qu’il ne s’agisse pas non plus d’une révolution dans ma vie, (après tout, j’avais déjà quitté mon pays à dix-neuf ans pour partir vivre seul au Canada), j’allais lentement découvrir les subtilités qui distinguent le tourisme du voyage. Mes premières excursions en tant que photographe m’ont alors permis non seulement de satisfaire – provisoirement – ma soif de découverte, mais aussi de découvrir un nouveau mode de vie axé sur l’essentiel.

 

– Le voyage –

En Juin 2016, mon premier séjour en Islande a été initiateur d’une nouvelle voie. Au delà même du voyage s’est manifestée l’envie de vivre le plus simplement possible, équipé uniquement du nécessaire. Ainsi suis-je parti avec un ami camper aux quatre coins du pays, durant un court mais mémorable road-trip de sept jours. J’ai alors réalisé que vivre du minimum et me séparer du futile me procurait un immense sentiment de liberté.

 

À mon retour de voyage, le germe de ce changement a pris de plus en plus d’ampleur et c’est à force de recherches et lectures diverses que j’ai découvert ce qui semblait correspondre à mes valeurs: le minimalisme. De plus en plus de gens autour de moi semblaient s’intéresser également à ce phénomène, notamment un de mes amis photographes avec lequel je partage un certain nombre de valeurs. Ainsi, notre amour commun pour le voyage nous a conduit à échanger énormément sur le sujet jusqu’à faire naître une réelle quête de la dépossession.

 

– La dépossession –

Bien que cela puisse sembler radical, c’est cette démarche personnelle qui m’a poussé à pouvoir aujourd’hui poursuivre mes rêves. Nombreux sont ceux qui perçoivent la simplicité comme un manque d’ambition, un frein dans leur quête de l’idéal où le statut social prime sur le vécu… Pourtant, adopter ce mode de vie impacte de façon bénéfique toutes les sphères de la vie.

 

  • L’état d’esprit: comme le début de cet article l’a exposé, devenir minimaliste a été pour moi un processus lent, une remise en question de chaque instant. C’est cette vision qui construit mon quotidien et me permet d’accorder plus d’importance aux expériences de vie qu’aux acquisitions matérielles.

 

  • Les possessions: prendre conscience que la majorité de mes possessions était constituée de choses futiles a été une étape libératrice. Je me suis alors débarrassé de nombreux biens matériels : j’ai jeté, donné et vendu, pour ne plus posséder que le nécessaire, dans sa qualité la plus essentielle et me départir du reste.

 

  • La santé financière: naturellement, un mode de vie axé sur l’essentiel a considérablement amélioré ma capacité à économiser de l’argent. Chaque nouvel achat devient alors une décision mûrement pensée plutôt qu’une simple pulsion de consommateur. Le besoin inconscient d’acquérir et de dépenser disparaît peu à peu et l’on réalise qu’il existe souvent des alternatives telles que la location, l’emprunt, ou l’échange.

 

Comme une suite logique d’événements qui se succèdent, il est important de comprendre que le minimalisme est avant tout une démarche personnelle, une quête philosophique sur le long terme. Il s’agit d’acquérir un esprit critique à l’égard de la consommation, de juger ce qui nous semble personnellement nécessaire ou superflu. Une fois ce cap franchi, la liberté, quelle que soit sa forme, est là.

– Minimalisme & voyage à long terme –

Ainsi, des choses qui semblent hors de portée deviennent alors étonnamment accessibles. Voyager est sans doute le meilleur vecteur de ce processus. Ayant passé mes deux dernières années à vivre au jour le jour, à errer entre l’Europe et l’Asie, je reçois régulièrement des messages de mes abonnés Instagram me demandant comment je peux m’offrir le luxe de voyager autant et aussi longtemps. Aussi simpliste que cela puisse paraître, toutes les clés de ce mystère se trouvent dans cet article! Apprendre à vivre modestement et se satisfaire de peu m’a ouvert de nombreuses portes tout au long de mes voyages. Et même s’il m’est arrivé de collaborer avec certaines marques ou compagnies, je suis loin de faire partie de cette élite d’influenceurs à qui l’on offre régulièrement des chambres d’hôtel ou des voyages en échange de quelques photos. Je n’ai jamais cherché à faire de ma passion pour le voyage un travail, mais bien à vivre des expériences pour ensuite les partager, sans autre attente.

 

La société tend à nous enfermer dans cette spirale matérialiste où posséder semble rimer avec succès. On en oublie les valeurs et l’essence même de la vie pour s’encombrer chaque jour un peu plus de superflu. Chacun se détourne lentement de ses rêves, enchaîné à des standards futiles et semble nier que la liberté réside naturellement dans la simplicité.

 

 


Cet article a été réalisé en collaboration avec Pierre Babin.
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